Promenons nous dans les data

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Il y a tellement de choses à lire et à dire ces derniers temps, que je vais tenter un billet récapitulatif sur le thème des données. Je vous propose donc une balade dans le champ des données, sur l’air de :
Promenons-nous dans les data
Tant que la NSA n’y est pas…
dataflow3

Dessin réalisé d’après l’original consultable ici

Débutons par un tremblement de terre, ou à ce qui s’y apparente. Les USA envisageraient de protéger les données personnelles. « Le gouvernement du président (Barack) Obama s’engage à élaborer une législation pour assurer la protection des données personnelles (…) », a dit M. Holder lors d’une conférence de presse conjointe avec la commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, à l’issue d’une réunion des ministres européens de la Justice dans le cadre de la présidence grecque de l’UE. Nous voilà rassurés ! Et ceux qui diraient que ni le terme ni le contenu ne sont dévoilés ne sont que des mauvaises langues !
Il est quand même recommandé de ne pas trop rêver, ni d’être trop naïf car il ne faut pas oublier que :

  1. l’Empire n’a pas de frontières, sinon ce ne serait plus l’Empire cf. cet article, plus particulièrement le § Focus Microsoft NSA (juste après l’introduction), la décision du juge (en VO, 27 pages…) est consultable ici ;
  2. aux USA aussi, il y a l’esprit et la lettre, et l’esprit c’est parfois s’asseoir sur la lettre (ou la biaiser).

Maintenant que nous sommes à l’aise, passons aux données de santé, éminemment personnelles. Elles intéressent beaucoup de monde. Dont Larry Page, patron de Google, qui déplore la crispation sur la protection des données personnelles (à lire dans cet article) : Actuellement, nous ne collectons pas les données de santé. Si nous le faisions, nous pourrions probablement sauver 100 000 vies l’an prochain. Je crains que les médias et les gouvernements essayent d’attiser les craintes des gens. Nous allons finir dans une situation où nous pourrions aider un grand nombre de personnes, mais où nous ne sommes pas en mesure de le faire. Et comme son interlocuteur est particulièrement affûté, il ne lui a pas demandé comment il faisait pour estimer que 100000 vies allaient être perdues à cause de l’égoïsme de chacun… Quand Google nous incite à lui livrer nos données, il poursuit deux buts élevés :

  1. améliorer la santé publique ;
  2. combattre notre égoïsme.

Sur le même thème des données de santé, un autre article prouve à quel point la santé publique est un souci pour ces entreprises. La société française CELTIPHARM a imaginé, dès 2008, un procédé pour réaliser des « études épidémiologiques à partir de données issues des feuilles de soins électroniques anonymisées », en arguant de la possibilité d’économiser jusqu’à 10 milliards de dépenses et d’éviter des milliers de décès liés aux excès médicamenteux. Afin de mettre en œuvre ce traitement lié à des données de santé, ladite société a procédé à une demande d’autorisation auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), autorisation accordée par une délibération en date du 8 septembre 2011.CELTIPHARM était autorisée à collecter auprès d’un panel de « pharmacies représentatives de l’ensemble des officines françaises » des données de santé telles que le contenu des ordonnances, l’âge des patients, l’origine et la spécialité des médecins prescripteurs, les montants remboursables etc. Mais malgré cela, le traitement n’a jamais vu le jour, du moins jusqu’à présent, du fait du géant américain des données de santé : IMS HEALTH. Ce-dernier, se voyant refuser un partenariat par CELTIPHARM, a demandé l’annulation de l’autorisation de la CNIL au Conseil d’État.
Nous le voyons bien, la société US n’avait pour but que la santé publique des Français…

Ce n’est pas pour autant qu’il faut dénigrer le big data. Parce que, quand même, et ne l’oublions surtout pas, le big data fait progresser la connaissance, la preuve dans cet article. Tous les esprits ne peuvent que s’incliner devant une découverte d’une telle importance !
…Si elle y était
Elle nous ficherait
Comme elle y est déjà
On l’a dans l’baba…

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2 Reply to “Promenons nous dans les data”

  1. A propos du champ géographique illimité de l’application de la loi américaine, voici un article intéressant : http://www.lepoint.fr/economie/les-… Plus particulièrement le passage suivant :
    « Aux termes de cette réglementation, des dizaines de milliers de banques étrangères seront tenues de systématiquement livrer aux États-Unis des informations détaillées sur les dépôts de leurs clients américains ou imposables aux États-Unis, pour les comptes dépassant 50 000 dollars. Si elles ne se conforment pas à cette obligation, les banques s’exposent à une sanction-couperet : une retenue de 30 % sur les revenus bruts perçus au titre de leurs activités aux États-Unis. »
    L’application de la loi permet non seulement de renflouer le Trésor US mais aussi de récupérer des données personnelles à vil prix.

  2. Les USA veulent protéger les données personnelles.
    De son côté, la Russie veut que les données des siens restent sur le sol de la mère-patrie : http://www.silicon.fr/les-donnees-c…
    Ce qui permet de les protéger en partie (de les surveiller, disent certains) mais aussi de ne pas se faire dépouiller financièrement puisque selon l’auteur de l’article « Un autre aspect de cette affaire est financier. En installant leurs datacenters à l’étranger, les services web privent la Russie d’une manne économique importante, la construction et la gestion de ces datacenters. Ce projet de loi répond donc également à une logique économique : les acteurs du web peuvent créer de la valeur avec les données personnelles des internautes russes, à la condition que cette valeur se fasse en partie sur le territoire russe, et que les données (qui sont donc de l’argent) ne quittent plus le pays. »

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