Reconnaissance faciale

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La reconnaissance faciale est, selon certains, l’avenir de l’identification. Si les techniques sont actuellement perfectibles, elles ne pourraient qu’évoluer rapidement vers un taux de réussite de 100%. On pourrait même, à l’avenir, payer grâce à la reconnaissance faciale. Au fait, qu’en serait-il des jumeaux, voire des clones dont on prévoit la venue ?

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Parce que la reconnaissance faciale doit encore être améliorée, Facebook déclare avoir mis au point un nouvel algorithme dont le taux de réussite serait de 97,35%. Au passage, on remarquera que, pour son travail, Facebook a utilisé sans vergogne les photos de certains de ses abonnés. La CNIL est-elle « préoccupée », comme pour l’usage des google glass 😉 ? Quelques-uns pensent qu’il y a un effet d’annonce non négligeable, dans la mesure où l’algorithme imposerait un recalcul des données pour travailler sur des visages orientés de face. Passons.

Avant de se lancer à corps perdu dans de coûteuses acquisitions de –solutions– logiciels, posons-nous un instant pour soulever des questions élémentaires. Si l’on traduit la question de l’obus et de la cuirasse dans le cyberespace, en l’occurrence à ce cas de figure précis, cela amène à se demander si le logiciel reste performant lorsque la personne :

  • porte un masque ;
  • porte une cagoule ;
  • est maquillée (cf. ce site) ;
  • a subi une opération de chirurgie esthétique.

Je vous l’accorde, ce dernier point ne concerne pas tout le monde. Mais le récent épisode de « The blacklist » (saison 2, Dr Covington) évoque un marché parallèle de la chirurgie pour des pontes du crime. Cette hypothèse ne peut être évacuée d’un simple revers de main.

On ne peut non plus :

Contre tout ceci, sommes-nous protégés par la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public ? Elle punit en effet cette dissimulation par une amende pour contravention de 2° classe (150 € maximum actuellement, cf. art. 131-13 CP).

C’est bien. Sauf que la loi :

  • ne vise que les tenues vestimentaires, non les coupes de cheveux et maquillages (art. 1) ;
  • ne vise que l’espace public, étant entendu que « l’espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public ». cf. § I 1.b) de la circulaire du 02/03/2011 d’application de la loi ;
  • ne confère en aucun cas à un agent (du service public) le pouvoir de contraindre une personne à se découvrir, comme la circulaire le précise en son § II b.

Que faire alors ? Comme une entreprise ne pourra contraindre ses employés à ne pas se maquiller, à porter une coupe de cheveux uniforme, et ne pourra non plus leur faire ôter de force tout voile (ou chapeau avec voilette), il lui faudra s’assurer avant d’acquérir le logiciel ou l’application infaillible, que les besoins ont bien été définis et que le logiciel visé y répondra bien.

Élémentaire ? Hélas, oui…

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