Escroquerie au faux président

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Pleurez doux alcyons, ô vous oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !

Voici le chant de désespoir que nos modernes Chénier pourraient entonner à chaque nouvelle escroquerie au faux président commise. C’est beau, poétique, mais ne fait pas avancer les choses. Alors, que peut-on faire contre ?
source.

Le principe de cette escroquerie est simple, et nul besoin de l’exposer en détail, tous les journaux regorgent d’articles décrivant cette arnaque. Elle peut être résumée ainsi :
Source.

Mis à part le fait qu’on pourrait sérieusement douter de l’implication des Chinois (ce que laisse penser le fait que les fonds sont versés sur des comptes en Chine), le principe est bon.
Pourquoi ne seraient-ce pas des Chinois ? Parce qu’il faut que le faux président en question imite la voix du vrai président. Alors, si vous entendez un accent chinois au bout du fil et que votre patron est berrichon, il y a un loup !

En résumé, il s’agit de demander, sous le sceau du secret, à une personne ayant accès aux comptes de l’entreprise de virer une somme (importante) vers des comptes qui sont vidés dans la foulée. Et ce serait imparable…
Et pour y parer, il faudrait sensibiliser les employés.
Donc une entreprise victime serait insuffisamment sensibilisée.
Imparable là aussi…

Peut-être serait-il temps, maintenant, de sortir des incantations lamentatoires et de mettre en œuvre le principe discriminateur du neurone, car persister à dire que ces arnaques sont imparables revient à désespérer du genre humain, incapable de parer une menace identifiée depuis des années…

Les tristes histoires ainsi comptées ont toutes un point commun : l’urgence et la confidentialité avec laquelle cette opération doit être menée. Ce qui pose la question de la qualité des relations humaines dans la société ainsi visée. Si de telles opérations ont lieu sans que cela n’inquiète les employés visés, n’est-ce pas le signe d’un style de management qui valorise tellement le chef qu’il le laisse se comporter comme un dieu inaccessible ?

Cela semble également symptomatique d’une absence de procédures de contrôle. Depuis le temps que ces histoires sont largement propagées dans la presse, cela continue de fonctionner. Que les cœurs solitaires continuent de se faire abuser par Tatiana (90-60-90 théorique ; 2,10m et 130 kg pratique) cela peut encore se concevoir car l’amour rend aveugle, mais l’amour aveugle règne-t-il dans toutes les entreprises ?
Comment réagir ?
De manière humaine si l’on peut dire, car ces escroqueries ne mettent pas en œuvre de gros moyens techniques pour être commises. Entendons-nous bien. Les moyens techniques utilisés pour perdre la trace de l’argent peuvent être sophistiqués, mais ce qui fait marcher l’arnaque ne l’est pas. Elle agit sur l’homme, c’est donc par l’homme qu’il faut la parer. Mais quelles procédures mettre en place ?

Deux viennent à l’esprit :

  1. le contre-appel : si le virement dépasse une somme fixée, un contre-appel est obligatoire avant d’exécuter l’ordre demandé ;

  2. les mots ou phrases d’authentification : dans la France occupée, un officier de Gendarmerie en poste à Vannes avait diffusé la consigne suivante à ses subordonnés : toute conversation conclue par l’inoffensif kenavo (au revoir en breton) signifiait « faites l’inverse de ce que je vous ai dit car je parle sous la contrainte ». Les conversations engageant des sommes importantes pourraient faire ainsi l’objet de procédures d’authentification, sans pour autant tomber dans la caricature.

Il va de soi que ces procédures ne doivent être connues que d’un nombre très restreint de personnes afin de ne pas être éventées.

Au fait, c’est le 81° billet de ce blog qui a fêté mercredi son premier anniversaire !

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