Le mythe de l’identité numérique

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Et voilà, l’identité numérique est définie ! Par la loi (la LOPPSI II) ! Enfin, c’est ce qui se dit dans les milieux juristes bien informés. Un article en fait même son fond, et on en parlerait dans le code pénal.

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Certes, l’article de loi est inclus dans le chapitre II lutte contre la cybercriminalité, mais il ne définit pas, stricto sensu, une identité numérique. S’en satisfaire reviendrait à considérer alors que, puisque l’identité numérique est constituée par son usurpation via des moyens numériques, il existe alors une identité maritime si, sur un bateau, une tierce personne se fait passer pour moi.
L’article de « village-justice… » répond d’ailleurs à la question puisqu’il précise par la suite le Tribunal considère en effet, que l’identité de Madame Rachida Dati avait été numériquement usurpée ce qui signifie que c’est l’identité réelle qui a été usurpée de manière numérique, et non une quelconque identité numérique.
Nous pourrions nous arrêter là et conclure benoîtement que l’identité numérique n’existe pas. Ce serait un peu court. Et frustrant. Poursuivons donc.

Projection algorithmique et identité numérique
Thierry Berthier (qui a bien voulu me faire quelques remarques sur l’avant-projet de cet article) a publié dans son blog cyberland un excellent billet qui développe la notion de « projection algorithmique ». Le résumé de son article publié dans la R2IE sur le même thème est le suivant :
En 2013, l’humanité produit cinq exaoctets de données toutes les dix minutes ; en 2020, le volume planétaire des données atteindra 40 zettaoctets ! Cette évolution exponentielle induit une réflexion générale sur le mode d’exploitation de ces nouveaux gisements. À chacune de nos interactions numériques, nous transférons vers le cyberespace un ensemble de données qui font l’objet d’une sauvegarde sur les systèmes d’archivage. C’est à partir de ce constat que nous proposons un formalisme inédit de représentation de cette information sous la forme de projections algorithmiques. Nous définissons ainsi la projection d’un opérateur humain, relativement à un algorithme exécutésur un système. Celle-ci se décompose en composantes ouvertes et fermées, puis en composantes volontaires et purement systémiques. La réunion des projections donne lieu aux S-projections et à notre projection globale puis, une approche Big Data nous permet de construire les bases de projections et de donner quelques exemples canoniques. Nous explorons ensuite les domaines d’application compatibles avec ce formalisme projectif.

La présentation qu’il en a faite récemment est consultable ici.
Après avoir défini ce qu’est la projection algorithmique, ses parties ouverte et fermée, il explique qu’elle fournit une image de plus en plus fidèle de votre existence et que le double numérique et l’individu biologique pourraient fusionner en une seule entité.

Solution ?
Cette notion de projection algorithmique peut donc donner une solution à la question biaisée de l’identité numérique.
Celle-ci n’existerait pas, mais l’emploi de ce terme cacherait celui, moins immédiatement compréhensible, de projection algorithmique.

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