Uber et 100

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L’actualité récente a été, pour le moins, uberisée, à savoir qu’uber a été le sujet de multiples conversations. Un peu comme si nous avions eu droit à un « uber über alles »… Cependant, la lecture d’un très bon livre uberisation = économie déchirée ? permet de remettre les choses en perspective.

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Qu’ai-je retenu de cet ouvrage qui se lit bien ?
Que la numérisation de l’économie permet, de nouveau, une prise en compte de la personnalisation des besoins du client. (En aurions-nous alors fini avec le siècle de la standardisation et de la noyade de chacun dans la masse ?) Que l’innovation qu’elle permet n’est pas toujours de rupture, mais parfois (souvent ?) incrémentale, le meilleur exemple étant les versions successives de l’iphone.
Qu’uber est une plate-forme d’intermédiation utilisable par le téléphone mobile. Qu’elle ne dispose d’aucun actif et permet une mise en relation simple de l’offre et de la demande.

Rien de bien nouveau, cela valait-il la peine d’écrire un livre pour cela ? Pour cela simplement, non, mais il est bon de poser les définitions avant de disserter. Ce qui peut éviter les délires sur uber.

Un des intérêts de ce livre est de susciter de légitimes interrogations : une entreprise telle qu’uber est-elle bonne pour le client dans la mesure où elle se distingue également par son habileté à se jouer des cadres législatifs et réglementaires.
Ce qui, au passage, montre deux choses : que ce type d’entreprise se rapproche davantage des escrocs que des entrepreneurs, que les États sont longs à réagir (mais ce dernier point n’est pas un scoop). En bref, leur façon de faire se rapproche de celle des contrefacteurs qui inondent un marché avant de s’en retirer lorsque les gabelous s’intéressent à leur activité. Un aménagement de l’arsenal législatif permettant d’attaquer ce type d’entreprise en contrefaçon serait peut-être une meilleure solution que les impuissantes jérémiades des nos responsables.

Je dois l’avouer, en refermant le livre, je restais un peu sur ma faim. Pourquoi ? Je ne pouvais le formaliser correctement.
Mais aujourd’hui, Bruno Teboul (coauteur du livre), m’a envoyé un lien vers un article dans lequel l’interrogation sous-jacente à ma lecture est formalisée : Notre « bien commun » peut-il dépendre de quelques entreprises visionnaires plutôt que d’une multitude d’acteurs réfléchissant et agissant ensemble ? Est-il juste d’accepter que ces puissances de l’ère digitale, comme le montre le chercheur Michel Bauwens, vendent les centres d’intérêt et les données des utilisateurs à des publicitaires sans qu’il y ait de retour de la valeur d’échange ?
Le véritable problème que soulève uber n’est pas tant économique que politique : Réconcilier le Web avec la politique au sens large et noble du terme. Pas de solution sans grande idée transversale, à l’ambition universelle. La « vieille » Europe est légitime pour construire ce projet de société. Un projet porté par un nouveau paradigme : le droit de tous à vivre décemment, la transmission du savoir à tous les âges de la vie, l’art de la mémoire non pour vénérer, mais pour transcender son quotidien. Avec pour conclusion Devenons les hackers, les makers, les créateurs, les innovateurs et les penseurs d’aujourd’hui et de demain !
Allons-y ! A fond ! Et si nous réussissons, nous pourrons dire que nous avons résolu le problème que soulevait Bernanos lorsqu’il évoquait la France contre les robots

Pour les aficionados de mon blog, c’était mon billet n° 100, après sa création le 25/03/2014.
Le père 100 est atteint en 16 mois, la cadence est bonne, j’espère que cela vous plaît.

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100 billets en 474 jours, ou 11376 heures. Soit un billet tous les 4,74 jours ou, plus précisément, toutes les 113 heures 45 minutes et 36 secondes. C’était l’information indispensable du jour…

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