Comment bloquer un État cybernétisé

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La récente actualité nous a montré un bel exemple de la facilité avec laquelle il était possible de faire céder un État fortement cybernétisé comme l’est notre pays. Nul besoin de cerveaux sur développés, d’abri dans un État-voyou, de maîtrise des algorithmes et langages de programmation. Non, seule une volonté ferme a suffi.

Le blocage de l’A1, puisque c’est de cela qu’il s’agit, nous le montre. Il n’entre pas dans ce billet d’estimer si le blocage était justifié ou non, il s’agit simplement de l’analyser quelque peu selon les rois termes de l’analyse tactique : l’ennemi, le terrain, le temps.

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L’ennemi

Nous n’en désignerons pas un, mais nous verrons quels ont été les protagonistes de cette affaire. D’un côté l’État français, en la personne de ses juge, de l’autre, un groupe de « gens du voyage » qui voulait faire valoir ce qu’il estimait être une juste demande.

Les moyens sont plutôt disproportionnés, notamment en ce qui concerne le cyber, puisque ce groupe de personnes ne semble pas utiliser le cyberespace de manière poussée. Avantage apparent du côté de l’État, en ce qui concerne les moyens employables.

Ce point pose au passage, une question simple : lorsque tout (ou presque) sera informatisé à l’instar de l’Estonie, comment l’État s’occupera-t-il des populations qui n’utilisent pas le cyber ? Même question pour les Amish aux USA…

Le terrain

C’est ici que nous voyons une faiblesse de l’État qui a, visiblement, été surpris. Une simple voie d’autoroute, en accès libre, a été bloquée plusieurs heures durant. En bref, il a suffi qu’un des protagonistes ne se place délibérément pas dans le cyberespace pour forcer l’autre à le rejoindre sur son terrain.

De même, la négociation n’a pas eu lieu dans le cyberespace, mais dans le monde bien réel, et tous les moyens cyber de pression n’auraient servi à rien puisque l’opposant ne l’utilise quasiment pas.

Le terrain a donc été choisi par les révoltés, et ils ont pris l’avantage sur l’État.

Cet exemple montre que si les chantres du désarmement nucléaire gaulois ne cessent de clamer « le nucléaire ne dissuade que du nucléaire » afin d’en obtenir l’abandon, il n’y a pas de cyber dissuasion. Car si un État doté de l’arme nucléaire peut dissuader un État qui n’en a pas, une entité cybernétisée ne peut cyber dissuader qu’une autre entité cybernétisée.

Le temps

Il était dicté par des contraintes familiales pour les révoltés. Il se trouve qu’il est bien tombé pour eux, puisqu’il coïncidait avec une période de forts mouvements sur ce terrain. L’intérêt de l’État était donc de rendre au plus vite ce terrain à sa destination primaire.

Avantage aux révoltés, encore une fois.

Conclusion

Tout ceci pour exposer que la cybersécurité n’est pas une fin en soi. Elle n’est qu’un élément de la sécurité d’ensemble de l’entité qui souhaite se protéger. La négliger serait suicidaire, mais se focaliser uniquement dessus le serait tout autant.

Les entreprises doivent donc, comme toute autre entité, développer leur sécurité dans les deux mondes, réel et virtuel, pour ne pas être surprises et prises en défaut.

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