La vie privée par les fenêtres

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Alors que la protection de la vie privée, via les données personnelles, est à l’honneur avec le rejet du Safe Harbour et l’inquiétude du parlement européen sur la surveillance de masse, Microsoft se retrouve dans l’œil du cyclone pour avoir un peu forcé la main de ses utilisateurs.

source.

Le problème vient de windows 10 et de ses nouvelles « fonctionnalités ».

Afin de remplir ses objectifs commerciaux (un milliard de terminaux sous windows 10 d’ici 2018), la firme a déclaré d’abord mettre en œuvre plusieurs leviers : un noyau unique pour toutes les déclinaisons d’OS, la gratuité de la migration, sa froce de frappe commerciale, etc.

En fait de force de frappe commerciale, ce fut une frappe tout court. Ainsi, même si les utilisateurs (avec Windows Update activé) ne se sont pas inscrits pour recevoir Windows 10, Microsoft télécharge sur leurs ordinateurs les fichiers d’installation, soit plusieurs Go de données. Et ce sans parler des invitations à migrer à chaque redémarrage. peut-on lire ici. La même source nous apprend qu’il existe un Autre scénario constaté et forcing évident de Microsoft : Windows Update. Dans la fenêtre du service de mise à jour de l’OS apparaît le message suivant « Votre mise à jour Windows est prête ». L’utilisateur se voit offrir une unique possibilité : redémarrer maintenant. En clair, impossible d’y échapper sauf à tirer un trait sur les mises à jour.

Mais tout cela, c’était avant.
Avant que la firme se rende compte qu’un maudit développeur, tout seul dans son coin fasse la boulette du siècle sans en référer à sa hiérarchie laquelle, trop occupée, n’a pas eu le temps de vérifier que la préservation de la vie privée (son souci multi-quotidien, oui, oui, la main sur le cœur et les yeux dans les yeux) était assurée. Cela ne vous rappelle pas une précédente affaire, aux accents germaniques ? Ou du management un peu spécial ?

Toujours est-il que, promis juré, c’était une déplorable erreur qui ne se reproduira plus. L’éditeur, contacté par VenturaBeat, explique que la mise à jour Windows 10, en principe optionnelle, était cochée par défaut dans Windows Update. Nous sommes vraiment désolés et cela ne se reproduira plus jamais de la vie… Microsoft promet que la mise à jour sera désormais décochée et donc réellement optionnelle. C’est « une erreur », un accident, plaide l’éditeur. Et ceux à qui on a forcé la main ?
Rien.
Nada.
Il manquerait plus qu’on s’en occupe encore.

Et la mécanique excusatoire se met en branle :
« Il y a eu des erreurs de communication, une insuffisance d’explications et des ratés de la part de Microsoft » explique Bernard Ourghanlian en s’en excusant très sincèrement. Tout ceci est un manque de comm’, c’est bien plus facile à dire que de reconnaître une erreur.
Microsoft a manqué de transparence explique Bernard Ourghanlian sur les questions de télémétrie et n’a pas assez documenté les paramètres pouvant être utilisés avec Windows 10. Bande de bœufs, vous ne savez pas lire les caractères illisibles ?
Windows 10 doit désormais être vue comme étant la dernière version de Windows. Les mises à jour seront désormais permanentes et se fonderont sur une analyse de faits et des usages des utilisateurs. Ce qui signifie que, pour votre bien (évidemment) nous allons scruter en permanence vos actions sur votre ordinateur.
Ces informations sont collectées avec une finalité de traitement portant sur la compréhension des usages. Bernard Ourghanlian précise que Microsoft ne collecte pas l’identité de l’utilisateur, et ajoute que cette information est sans intérêt pour un éditeur qui n’a pas d’activités de régie publicitaire. Ouf, votre identité ne sera pas utilisée pour de la pub, c’est l’essentiel, non ?
Le système d’exploitation aaS est donc toujours « à la main de Microsoft », connecté. « Ce ne sera plus le cas en novembre prochain (2015) » explique-t-il puisqu’une option sans aucune télémétrie et aucune mise à jour sera alors disponible. Et là, il croit vraiment qu’on va accorder crédit à l’erreur de bonne foi qu’il plaide ?
L’installation initiale s’effectue par soucis de simplicité avec des paramètres par défaut incluant la télémétrie, qu’il est ensuite possible d’ajuster et de retirer. Bien sûr. Je vais me lancer dans la conception de nouveaux distributeurs automatiques de billets : par défaut, ils capteront le numéro de la CB et le code secret, mais on pourra, en tapant une séquence de boutons sur le DAB, s’y opposer.
Finalement, explique Bernard Ourghanlian, en esquissant enfin un premier sourire dans une présentation qu’il avait démarrée sur un ton très grave, « la CNIL, qui avait été consulté en amont n’a émis aucun avis négatif, et n’a pas surenchéri aux différents commentaires ». L’argument qui tue ! La CNIL ! Nous sommes sauvés !
Enfin explique Bernard Ourghanlian, la réalité de l’exploitation d’un tel système est cruelle, avec plusieurs centaines de milliers de malwares par jour et des changements de hardware réguliers. Il faut réaliser un effort considérable avec une multitude de mises à jour. L’utilisateur et l’entreprise doivent être dégagés des questions de tests récurrents grâce à l’apport de connaissance de Microsoft issu de la télémétrie. En plus de la caution de la CNIL, on vous affirme que c’est pour vous simplifier la vie. Vous voyez vraiment le mal partout ! D’ailleurs, avec mon DAB du futur, plus la peine de taper son code secret : le DAB reconnaîtra la CB automatiquement et vous proposera immédiatement le retrait d’argent. En plus, selon les sommes retirées les fois précédentes, il vous donnera automatiquement ce que vous voulez. Génial, non ?

Concluons par une séquence interdite aux mineurs. Tout ceci me rappelle ce fameux tube.

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