Militarisation du cyber

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De retour de vacances, et malgré une installation un peu chaotique dans un nouvel appartement (qui fait découvrir le niveau parfois très médiocre des assistances téléphoniques), le blog est de retour !

Avec un thème un peu étrange ou provocateur : le cyberespace se militarise-t-il vraiment ?

Il ne s’agit pas ici de parler de cyber guerre (absurde), ni même de cyber armée (tout aussi absurde), mais de voir en quoi les aspects militaires se diffusent de plus en plus dans le cyberespace.

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Comme le dit fort bien Olivier Kempf, il n’y a pas de cyber guerre, mais il y a de la guerre dans le cyber. Ce n’est pas juste une nuance sémantique propre à effrayer les drosophiles de passage, mais plutôt une réaction contre l’abus des termes guerre, armée, etc. Plutôt que d’affirmer que le cyberespace est un espace où la guerre fait rage, je préfère (mais il faudrait que je le développe) dire que le cyberespace est un espace certaminique. Vous pourrez trouver ici tous les sens du terme (latin) certamen qui me plaît beaucoup, car il signifie aussi bien rivalité que combat. La palette est donc bien plus large que celle du mot guerre.

Attention cependant à ne pas chercher confondre le mot latin avec l’espagnol, car un certamen signifie un concours, un festival. Rien à voir donc.

Ceci étant posé, deux articles que j’ai récemment lus m’ont poussé à écrire ce billet :

  • lutter contre les cyberattaques oblige à une approche militaire, disponible ici ;
  • pourquoi la cyber protection doit être vue comme une scène de crime, ici.

Reconnaissons que celui qui a trouvé le titre du dernier article n’y connaît vraisemblablement rien en scènes de crime (mais à part qu’il a peut-être regardé les experts…), car une mesure de protection ne peut être vue comme une scène de crime. Bigre, que de c… sont parfois (souvent ?) écrites… Cependant, l’approche d’une scène de cyberattaque comme une scène de crime (ou une scène d’investigation, comme le dit Pierre Margot, ponte de la criminalistique) est intéressante. Elle pousse à ne pas faire n’importe quoi sous prétexte qu’on connaît, mais impose un minimum de mesures de protection et de coordination.

Quant au premier article, il insiste sur les mesures élémentaires de sécurité dans le cyberespace.

En fait, rien de bien nouveau, mais le vocabulaire se modifie de plus en plus.

Allons-nous assister à la militarisation effective du cyberespace parce que les militaires sont les seuls réputés agir avec méthode et sérieux ? Ce fut déjà le cas il y a plus de deux siècles dans un autre domaine, lorsque Napoléon militarisa les pompiers de Paris en 1810 suite à l’incendie de l’ambassade d’Autriche. Je n’ai rien contre a priori, mais ce serait alors reconnaître que le monde civil part de plus en plus en quenouille. Et là, ce n’est pas rassurant…

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