Intelligence Anhumaine (7/7)

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Conclusion

Le XX° siècle ayant été celui de la décomposition de l’Homme, il est logique que le suivant se pose la question de sa reconstruction. Cependant, la reconstruction n’est pas une fin en soi, elle a lieu afin que l’Homme puisse accomplir ce qu’il souhaite, ou ce pour quoi il vit, selon les points de vue.

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L’importance de la reconstruction doit donc être reconnue mais, faute de s’accorder sur la fin, on risque de ne pas s’accorder sur les moyens.

Schématiquement, il y a deux possibilités de reconstruire l’Homme : en étant guidé par une anthropologie, ou en l’étant par des algorithmes, machines et Big Data, ceux-ci étant supposés plus fiables que l’Homme car moins sujets aux biais. Mais, comme l’écrit Emmanuel Brochier « Le problème avec les Big data est qu’elles continuent cette lente transformation de la nature qui, après la mathématisation de la nature, sa géométrisation puis son algébrisation et sa métamorphose en énergie, en a fait un réservoir de ressources, mises à demeure et laissées aux désirs de chacun, ou du moins des puissants et ce, jusqu’à épuisement1. »

Reconstruire pose également la question de l’identité de l’Homme : qu’est-il vraiment ? Poser la question dans le cadre du cyberespace, c’est ouvrir la discussion sur l’identité numérique, triste abus de langage hélas entériné par l’usage, qui pose problème : comment identifier de manière certaine des personnes à partir d’objets ou artefacts informatiques ? Et comment définir cette identité numérique ? De longs débats n’ont toujours pas fait l’unanimité2.

Il semble donc indispensable de poser le problème dans le bon ordre : avant de lancer toute reconstruction, il serait bon de s’accorder sur les plans. Dans le cas contraire, la politique du fait accompli sera, une fois de plus, une fois de trop, la solution à laquelle tout le monde devra se rallier.

Cette question n’est pas récente, car déjà dans l’entre-deux-guerres, Maurice Zundel écrivait « Nous avons renié l’homme, nous n’avons pas pris au sérieux les richesses de son esprit et de son cœur, qui sont les seules valeurs proprement humaines » et encore « L’humanité est en péril de mort parce que tous les problèmes – pédagogiques, économiques, sociaux, politiques – sont posés dans l’abstrait, en l’ignorance systématique de la question qui les éclairerait tous : qu’est-ce que l’homme3 ? »

Au fait, JOYEUX NOËL !

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1Toute donnée est une perte d’information, in La donnée n’est pas donnée, Kawa, 2016.

3In L’évangile intérieur.

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