5 ans d’Echoradar : Et soudain, le sémantique !

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L’apparition du cyberespace s’est accompagnée de questions relatives à sa nature : n’était-il que la prolongation de l’informatique, était-il un nouvel espace au sens propre du terme espace, de quoi était-il composé exactement ou, en d’autres termes, de combien de couches était-il constitué ?

Rapidement, un consensus naquit sur l’existence des couches physique (ordinateurs, commutateurs, etc.) et logicielle. Nier leur existence aurait été en effet ridicule.

Cependant, une controverse plutôt larvée apparut à propos de la couche sémantique, bien que personne ne semblait nier farouchement son existence. Était-elle une couche constitutive de ce nouvel espace au même titre que les deux précédentes, ou n’était-elle qu’une élucubration accompagnant, comme de coutume en ces occasions, un phénomène nouveau ?

D’un côté, certains happy few ont, dès les commencements du cyberespace, attiré l’attention sur cette couche non technique qui venait hybrider les couches matérielles et logicielles du cyber. Leur réflexion a d’ailleurs fait progresser la connaissance de ce nouvel espace.

De l’autre, la majorité évoquait cette couche sans paraître convaincue de sa singularité, mais parce qu’elle leur permettait de ne pas laisser la réflexion sur le cyber aux seuls techniciens. Notons d’ailleurs que cet espace n’était pas vu comme un domaine scientifique, mais comme purement technique, réservé aux geeks, néologisme indispensable pour montrer que ce nouvel espace était bien étrange.

Néanmoins, cette couche sémantique nourrissait quelques débats justifiés par le fait que le cyber s’immisçait de plus en plus dans la vie quotidienne de chacun par le développement d’applications en tout genre, et que les aspects scientifique et technique ne pouvaient à eux seuls expliquer cette immixtion. Pourtant, ces débats demeuraient plutôt superficiels : si les capacités techniques du cyber étaient bien observées et analysées, il n’en était pas de même pour la couche sémantique, bien que son importance était rappelée régulièrement, même si c’était en « sautant sur sa chaise comme un cabri en disant sémantique, sémantique », la majorité des débatteurs semblant avares d’explications claires. Cela était vraisemblablement dû au fait que leur pensée était trop complexe, trop subtile, trop intelligente quoi, pour que tout un chacun les comprenne.

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Et, alors que tout semblait ordre et beauté, luxe, calme et volupté, une armée de trolls fit soudainement irruption dans leur cyber merveilleux, tout couverts de sang et de poussière, semant partout l’effroi dans leur armée entière : Referendum sur l’indépendance de l’Écosse perdu de peu (heureusement), élection de Trump, Brexit, présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française, ces quatre trolls de la cyber apocalypse jetèrent la consternation et semèrent le désarroi dans un cyber bien huilé.

Tout se passait alors comme si la couche sémantique, négligée pendant des années par des vendeurs de vent, faisait soudainement irruption, tel un serpent qu’ils auraient couvé en leur sein sans s’en rendre compte.

Après un moment de panique dû à l’absence d’explication rationnelle, les fake news vinrent à a rescousse de ces bonimenteurs. Ils n’avaient pas été pris de court, c’est simplement qu’un phénomène nouveau, corollaire de la nouveauté du cyber, était apparu. L’alt truth d’abord qui finit par atteindre son paroxysme dans les fake news. Notons que la définition de ce nouveau terme peine à émerger, tant il semble difficile de le départager des bobards, intoxications, feintes, mensonges et consorts. Fort heureusement donc, telles un Antéchrist moderne précédant les quatre trolls de cette cyber apocalypse précédemment nommés, les fake news étaient la cause de ce désordre, et de même que l’Antéchrist, il était nécessaire de les enfermer pour l’éternité.

Ceci étant dit, il est indispensable de répondre posément à la question : le sémantique constitue-t-il une véritable couche du cyberespace occultée par la fascination de la technique qui fait oublier le principe de réalité, ou sommes-nous face à l’émergence d’un phénomène nouveau que personne n’avait vu venir et qui pourrait être un espace informationnel ?

Trois exemples serviront à démontrer que, quoi qu’on en dise, l’Internet ne peut se concevoir sans la couche sémantique : la cybercriminalité, le développement des entreprises, et les rapports entre l’Internet et les États.

La cybercriminalité

Affirmer que la cybercriminalité, dans son ensemble, prouve l’existence de la couche sémantique serait aller un peu vite en besogne. Il est en effet possible de décomposer la cybercriminalité en deux sous-catégories (sans prétendre à l’unicité de cette décomposition) :

– la criminalité « de vive force » qui consiste à voler de façon brutale et à s’exfiltrer rapidement une fois le forfait accompli ;

– la criminalité « par la séduction » qui consiste à berner la victime en lui contant une histoire qui la séduit, tel l’espoir d’un gain financier rapide ou d’une rencontre amoureuse de nature à transformer sa vie, ou en la persuadant de faire ce qu’elle ne ferait jamais à tête reposée.

Si la première forme de cybercriminalité ne nécessite qu’une faible utilisation de la couche sémantique du cyberespace (tels les vols de numéros de cartes de crédits), la seconde en implique une réelle utilisation. Il faut en effet pousser une personne à lui faire croire ou lui faire faire ce qui est, rationnellement parlant, totalement absurde.

Il y a ainsi de grandes chances pour que Tatiana, superbe blonde aux yeux bleu et aux mensurations affolantes se languissant désespérément d’une réponse à ses messages d’amour en Ukraine, Biélorussie voire en Russie, s’appelle en réalité Boris ou Dimitri, et soit au choix un golgoth de 2 m et 120 kg ou un adolescent boutonneux. Ce numéro d’artiste serait digne des plus grands transformistes s’il n’était le fait d’escrocs qui ont identifié le point faible de leur correspondant et en abusent.

Mentionnons également l’escroquerie dite « à la Nigériane » et ses variantes promettant une fortune rapide en aidant une personne dans le besoin à transférer de l’argent sur le compte d’un parfait inconnu choisi au hasard, moyennant un versement initial substantiel pour amorcer la pompe.

Ces arnaques réalisées initialement par courriel ont su quitter leur medium de prédilection pour se diversifier et se développer via les réseaux sociaux, pures créatures du cyber. Jack Nicas a ainsi rendu compte le 28 juillet dernier dans les pages du New York Times de la façon dont Renée Holland a envoyé des milliers de dollars à un de ses amis Facebook qu’elle croyait être un ancien combattant dans le besoin1. Étonnamment (?) il n’était ni ancien combattant ni dans le besoin…

Alors qu’on ne cesse de parler de ces arnaques et de mettre en garde contre elles, pourquoi continuent-elles de fonctionner ? Peut-être pour les mêmes raisons que les arnaques au faux président prouvent leur longévité2… Un mélange d’ennui dans la vie quotidienne auquel on ajoute des relations humaines (professionnelles ou privées) perfectibles, bref un terreau favorable (une insatisfaction réelle) conjugué à un point faible (besoin de reconnaissance, appât du gain, quête sentimentale), éléments propices à l’apparition d’un vendeur de lendemains qui (dé)chantent.

Ce qui est cependant loin d’être une nouveauté.

Baltasar Gracian3, dans l’Art de la prudence, mentionnait ainsi la vulnérabilité de chacun : « Tous les hommes sont idolâtres, les uns de l’honneur, les autres de l’intérêt, et la plupart de leur plaisir. L’habileté est donc de bien connaître ces idoles pour entrer dans le faible de ceux qui les adorent : c’est comme tenir la clé de la volonté d’autrui4. »

Notons également que, dans ce domaine, les cybercriminels n’ont rien inventé. Ce type d’escroquerie existait déjà dans le monde réel, l’Internet leur a simplement offert de nouveaux horizons.

Les entreprises

L’irruption de l’Internet dans le monde des affaires a poussé les entreprises à se transformer. Souvenons-nous que les prémisses de cette transformation ont été accompagnées d’un enthousiasme déraisonnable qui s’est notamment traduit par une forte bulle spéculative durant laquelle il suffisait presque d’inscrire le terme Internet dans son business plan pour lever des fonds.

Le temps a fait son œuvre, et l’inscription de ce mot magique dans leurs documents n’a pas suffi à sauver les entreprises au plan de développement fumeux ou indigent.

Malgré le temps écoulé depuis l’apparition des fameuses « autoroutes de l’information », la transformation des entreprises n’est pas encore achevée. Elle se poursuit, quand bien même le terme utilisé a changé et qu’on parle plus volontiers de numérisation5.

Ceci étant posé, si l’on met de côté les éventuelles querelles sémantiques (paradoxal dans ce billet, je vous l’accorde), on remarque que l’Internet a d’abord été vu comme un nouveau canal d’achat et de réservation de marchandises, quelle qu’en soit leur nature : tant matériels qu’immatériels, tous les biens ont pu être achetés ou réservés via le net. Tel fut le premier mode d’utilisation de l’Internet par les entreprises.

Par la suite, elles ont développé et continuent de développer leurs canaux de communication avec leurs clients, tout simplement parce que ces derniers les ont poussées à agir en ce sens. Le développement des smartphones a accru la nécessité de diversifier les canaux, dans la mesure où les clients voulaient pouvoir communiquer avec l’entreprise via ce medium. Pourtant, les entreprises n’ont pas suffisamment écouté leurs clients pour anticiper ce qui pouvait être une de leurs demandes, elles se sont contenté de suivre le mouvement, souvent parce que leurs concurrents plus proactifs s’y étaient mis. Beaucoup ont donc adopté une posture réactive, ce qui peut laisser perplexe quant à leur compréhension du cyber. Notons qu’à l’heure actuelle cette prise en compte est loin d’être terminée, et que même si des canaux de communication diversifiés existent entre l’entreprise et ses clients (courriel, SMS, téléphone, twitter, etc.), les messages émis par les clients vers l’entreprise via ces canaux ne sont pas toujours lus avec attention : beaucoup demeurent sans réponse. Sont-ils tout simplement lus ? Citer les entreprises défaillantes serait bien trop long, et la liste des entreprises lisant l’intégralité des messages qui leur sont adressés serait bien plus courte à énoncer.

Ce retard à prendre en compte les différents canaux de remontée de l’information montre que les entreprises n’ont pas pris conscience de la dimension sémantique du cyberespace, car les canaux de communication ne sont pas tant une manifestation de la technique que celle de l’importance de la sémantique. Quand un client s’adresse à une entreprise, c’est qu’il a souvent quelque chose à lui dire et qu’il attend en retour une écoute et une réponse.

Car une entreprise a besoin, pour vendre ses produits, d’un minimum d’avis de ses clients : le temps où Henry Ford pouvait ironiser sur le choix de la couleur des voitures est révolu. Si le produit ne plaît pas aux clients, ils ne l’achèteront pas, ou du moins pas en quantité suffisante pour que l’entreprise en retire les bénéfices espérés6.

Les entreprises vivent donc un paradoxe, car l’attention à la couche sémantique est indispensable à leur succès. En témoigne le livre Le seigneur des robots d’Arnaud de Lacoste7 dans lequel l’auteur évoque une conversation ininterrompue entre l’entreprise et ses clients, l’entreprise devant être tout particulièrement attentive aux « moments de vérité » durant lesquels la qualité de l’échange entre l’entreprise et le client doit être d’une grande qualité. Et pourtant, elles semblent ne pas y porter un grand intérêt pratique, contredisant en cela leurs discours dans lesquels l’occurrence du terme confiance est importante, oubliant qu’on ne peut faire confiance à une personne ou une organisation qui ne nous écoute pas.

Et le paradoxe est consommé quand on se rend compte que de plus en plus d’entreprises jouent ou tentent de jouer sur les émotions de leurs clients. Même le MEDEF, en son temps, voulait « réenchanter l’entreprise8. »

Les entreprises agissent donc comme si elles avaient conscience qu’elles étaient en retard dans la prise en compte de la couche sémantique du cyber, et que la seule solution qui s’offrait à elles pour le combler était d’engranger le plus possible de données personnelles de leurs clients. Données qui prouvent l’importance de la couche sémantique de l’Internet, car beaucoup d’informations peuvent en être extraites, même si le lien entre les données collectées peut paraître ténu.

Les États

On aurait pu penser que devant la rapidité de l’appropriation de la couche sémantique par les cybercriminels et la différence de succès des entreprises selon qu’elles l’aient ou non prise en compte, les États auraient une conscience aiguë de la situation et de ses conséquences potentiellement dévastatrices. Mais, alors que « commander c’est prévoir », les États ont encore expérimenté la surprise, une fois de plus à leurs dépens. Et pourtant, comme le doit l’entreprise, un État se doit de dialoguer avec ses citoyens, car ne pas le faire revient à terme à s’en couper, ce qui est préjudiciable aux États démocratiques, mais égal aux États autoritaires.

Vint tout d’abord l’émergence des « printemps » dans des États dont les standards de la démocratie ne sont pas les nôtres9, à propos desquels des communicants de renom (donc a priori experts es sémantique) déclarèrent que les communications via l’Internet les avaient facilités. Cette immixtion inattendue et intense de la couche sémantique dans la vie politique a fait prendre conscience au plus grand nombre de son existence, puisque une forte médiatisation a accompagné ces printemps10.

Il faut croire que la secousse n’était cependant pas assez forte pour réveiller les États occidentaux, ou que leurs gouvernements ont cru que ce phénomène ne pourrait leur arriver, car leur prise de conscience de ce potentiel problème n’eut lieu qu’avec les récentes élections évoquées dans l’introduction. Comme si les urnes bourrées et les élections truquées n’avaient existé que dans les imaginaires complotistes et que les résultats des élections n’étaient pas disponibles tout d’abord sur les réseaux sociaux…

Prenons le cas de la dernière élection présidentielle américaine. Si l’on en croit ce qui se dit, Trump n’a été élu que parce que Poutine aurait, sous les dorures du Kremlin, ordonné aux trolls de la cyber apocalypse d’influencer les électeurs américains pour qu’ils se détournent du vote Clinton. Les réseaux sociaux auraient ainsi favorisé l’élection d’un président d’autant plus mal élu que Clinton avait gagné le vote populaire11.

C’est oublier qu’à leur époque, les campagnes d’Obama étaient citées en exemple de l’utilisation du cyberespace comme lieu de campagne électorale. Ainsi, le prix Nobel de la paix aurait loué des espaces publicitaires dans des jeux vidéos pendant sa campagne pour que, même en se divertissant, les familles américaines sachent que leur salut résidait en Barack. Home sweet home

Et pourtant, une étude menée par Samuel Woolley dans neuf pays montre que les États sont prêts à tout pour créer du consentement grâce à des armées de bots12. Dans neufs pays, 12 chercheurs ont épluché les preuves et stigmates d’une propagande étatique sur les réseaux sociaux. L’étude tend à montrer qu’il existe des volontés gouvernementales de prendre en otage les réseaux sociaux afin de les rendre plus légitimistes à leur égard, et que cette volonté d’influence semble traverser tous les grands systèmes politiques mondiaux.

Dans un registre moins polémique (quoi que…) le 100° anniversaire de la guerre de 14-18 a montré l’incompréhension de la couche sémantique par l’État français, totalement dépassé par l’initiative « un jour un poilu », et qui se résolut à la mentionner après que des twittos ont clamé leur incompréhension de cet oubli13.

Depuis lors, la menace a été prise en compte et les entreprises créatrices des réseaux sociaux collaborent sans aucun problème avec les États, reléguant aux oubliettes les apparentes pudeurs d’Apple à coopérer avec le FBI pour décrypter les messages stockés dans les I-phones. C’est ainsi que Facebook n’a aucun scrupule à supprimer, à la demande des États, des comptes qui diffuseraient de fausses informations. Et dans le même ordre d’idées, Twitter supprime des comptes qui tiennent des « discours de haine ».

L’abondance des projets et textes de lois pour « protéger » la démocratie en réduisant de facto la liberté d’expression sur les réseaux sociaux est-elle la preuve que les États auraient fini par prendre en compte la couche sémantique du cyber ? À moins qu’ils raisonnent encore en termes d’autoroutes de l’information, étant entendu que ces autoroutes ne peuvent être que concédées…

Conclusion

Ce bref survol de quelques activités menées dans le cyberespace montre que la couche sémantique est bien un de ses éléments constitutifs et ce, depuis la création de cet espace. Il prouve également l’incompréhension de cet espace par ceux qui n’ont pris en compte que tardivement cette couche.

Une organisation qui continuerait de ne pas la prendre correctement en compte montrerait que, malgré ses discours apaisants et pédagogiques, elle ne conçoit la communication que de manière descendante. Or « qui n’est pas bon entendeur ne peut pas être bien entendu14. »Ce refus de prendre en compte un avis contraire au sien engendrera une défiance qui s’étendra de plus en plus.

Et cette défiance s’aggravera avec ce qu’on appelle pompeusement les « deepfakes », prévisibles depuis un certain temps mais que l’on se plaît à déplorer comme s’ils venaient subitement de sortir d’un recoin caché du cyberespace. (vidéo the goodfight).

Alors, qui croire. Les États ? Mais les croire sans restriction ne reviendrait-il pas à reconnaître l’existence d’un ministère de la vérité ? Et comment faire la différence entre un État qui trompe et un État respectueux de la vérité15 ?

Ces phénomènes ne sont certes pas nouveaux, mais leur acuité et leur profusion peut donner l’impression contraire, alors qu’en fait la couche sémantique est constitutive des relations sociales, même ante Internet. De nombreux auteurs des temps anciens l’ont d’ailleurs souligné, sans pour autant la mentionner, car ce terme n’était pas dans leur vocabulaire. Or l’Internet a cette vertu qu’il force à expliquer ce qui, par habitude, semblait acquis, agissant ainsi comme un révélateur des intentions.

La question qui se pose in fine est de savoir comment résoudre ce pullulement de faux sur le net. La solution la plus simple consiste à s’appuyer sur le principe de réalité. Dans un temps de défiance généralisée, il faut savoir reconnaître ce qu’est une personne en ne s’arrêtant pas à son apparence mais en sachant discerner l’homme qui donne des paroles d’avec celui qui donne des effets : « Les sots et les présomptueux se payent de vent. Les paroles doivent être les gages des actions et par conséquent, avoir leur prix16. »

Cette solution est simple, mais difficile à mettre en œuvre, surtout dans nos temps post-modernes où le relativisme est un absolu. Mais sortir du relativisme peut être compliqué, surtout lorsqu’il a pris la force d’un absolu17 : « lorsque les hommes tournent le dos au mensonge, le mensonge cesse purement et simplement d’exister. Telle une maladie contagieuse, il ne peut exister que dans un concours d’homme18. »

Le cyber n’est donc pas qu’un révélateur, il peut aussi être le moyen de reprendre contact avec la réalité : après s’être focalisé sur la technique, il est désormais logique qu’au-delà des vains discours il se focalise sur l’homme réel, et non l’homme qu’on voudrait que l’autre soit.


1L’histoire est lisible dans les pages du journal ou via la compte twitter de l’auteur @jacknicas

3Jésuite et écrivain espagnol (1601 – 1658).

4Gracian, l’Art de la prudence, n° 27.

5Il peut être parfois plus poli de ne pas demander en quoi consiste la dite numérisation de l’entreprise…

6Ce retour en arrière sera cependant possible si nos sociétés connaissent de nouveau une période de pénurie.

7Éditions Débats Publics, 2017.

9Ce qui prouve qu’un État totalitaire doit quand même prendre en compte la couche sémantique du cyber.

10Les complotistes russophiles (pardon pour la tautologie) noteront que ce n’est que lorsque les États sont menacés que la presse parle de la couche sémantique. Y aurait-il des liens sombres et obscurs entre presse et États ?

11Rappelons que l’élection US ne se joue pas au « vote populaire » mais à celui des « grands électeurs », système qui satisfaisait tout le monde… avant Trump.

13Malgré cette récupération, ce centième anniversaire a sombré dans le ridicule de la novlangue dont on sait depuis Orwell qu’elle vise à l’oubli du passé, entre « itinérance mémorielle » et « civils que l’on a armés ». Ce centenaire s’inscrivit ainsi dans la droite ligne de la non participation de la France au bicentenaire d’Austerlitz à Pratzen et à la présence de son porte-avions aux commémorations de Trafalgar.

14Gracian, l’Art de la prudence, n° 25.

15« Certes l’équité n’a guère de partisans, beaucoup de gens la louent, mais sans lui donner entrée chez eux. » Gracian, l’Art de la prudence, n° 29.

16Gracian, l’Art de la prudence, n° 166.

18Soljenitsyne, Vivre sans mentir in Révolution et mensonge.

2 Replies to “5 ans d’Echoradar : Et soudain, le sémantique !”

  1. Merci de ce billet. Cela me rappelle quand en 2013-2014, nous avons effectué une étude sur l’action dans la couche sémantique pour le CSFRS et les commentaires apitoyés de pros du cyber nous expliquant que cela n’avait aucun intérêt. Nous en avons tiré un livre (Gagner le cyberconflit) paru chez Economica en 2015.
    Plus récemment, un auteur stratégiste à succès et gros réseau a publié un livre sur le cyber en écrivant des choses qu’il (ou que son nègre) croyait innovantes sans bien sûr citer ledit livre. Je dois être chaffouin.

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