Ballade de l’éthique du temps jadis

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François Villon (1431 – 1463) composa, il y a de cela quelques années, la Ballade des dames du temps jadis, célèbre pour son refrain « Mais où sont les neiges d’antan ? ». Les événements actuels incitent à penser que l’éthique, dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles, est une des dames du temps jadis. Elle fut vive, elle est morte (et le diable l’emporte, pourrait-on ajouter tant est faible le nombre de ceux qui veulent la conserver en vie).

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Deux affaires ô combien emblématiques illustrent ce lent départ, progressif mais inexorable de l’éthique de notre société.

Facebook tout d’abord où l’on a récemment appris qu’une nouvelle fuite de données avait eu lieu alors que Zuck en personne s’était excusé et avait juré la mains sur le cœur que cela n’arriverait plus jamais, et Renault ensuite, où le samouraï n’en finit plus de chuter.

Quel rapport avec un éventuel faire-part de décès de l’éthique ?

Nous l’allons voir.

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Du courage et du management

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Récemment, sur twitter1, une controverse a eu lieu sur la question du courage des managers. En cause, ou au commencement, le livre de N Bouzou et J de Funes La comédie (in)humaine2, dans laquelle il serait écrit qu’une des causes du mal-être des employés des entreprises françaises serait le manque de courage des managers.

Face à cette affirmation, plusieurs personnes ont dénoncé ce qu’elles estiment être un raccourci inapte à expliquer une situation très complexe, une stigmatisation abusive des managers : les échanges se montrant assez vifs.

Pourtant, cette question du courage des managers est loin d’être nouvelle. Déjà, en 2009, JP Lugan et Ph Ruquet publiaient un livre intitulé Manager avec courage3.

Les controverses ne sont pas non plus nouvelles, puisqu’il était demandé soit Par pitié, arrêtons avec le « courage managérial4 », soit de (re)décrouvrir « le courage managérial, une qualité trop souvent oubliée5 ».

Et, peu de temps après la publication du livre incriminé, un article répondait par la négative à la question Les managers manquent-ils de courage6 ?

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Le but de ce billet n’est pas de se lancer dans une exégèse (à charge ou à décharge) du livre incriminé, mais de se pencher sur la question du courage dans le management, et donc du courage des managers, tant il est vrai que certains en manquent parfois cruellement, tous les participants à la controverse le reconnaissent.

Une des difficultés est cependant de savoir si, comme certains semblent le penser, ou tout au moins l’écrivent, dénier aux managers le courage reviendrait à en faire des salauds ou des imbéciles7, voire les deux. Mais, ce faisant, n’est-ce pas fausser la question en faisant des amalgames ?

Ce qui amène le problème vers d’autres questions : peut-on dire d’une personne (voire d’un manager) qu’elle manque de courage, sans pour autant la vouer aux gémonies ? L’accusation de manque de courage est-elle synonyme de déchéance, d’infamie perpétuelle ? Un manager peut-il se relever d’une telle accusation ? Peut-on « acquérir » le courage une bonne fois pour toutes ?

En venir à de telles extrémités reviendrait à faire du courage la condition sine qua non de l’exercice du management puisque si un manager en manquait, cela reviendrait à faire de lui un mauvais manager.

N’est-il pas possible de proposer de nouvelles pistes de réflexion relatives au courage afin de sortir de cet affrontement stérile ?

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Attribution d’une cyberattaque

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L’attribution d’une cyberattaque a déjà été évoquée dans un précédent billet, suite à des propos du ComCyber qui déclarait qu’il allait tenter d’attribuer les cyberattaques.

Afin de l’aider dans ses tentatives, les Suisses ont rédigé un document fort intéressant (mais je doute que c’était une commande du ComCyber gaulois) disponible ici.

Le présent billet s’inspire de ses propos.

La réflexion sur le processus d’attribution d’une cyberattaque est indispensable pour au moins deux raisons.

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La première est que le cyberespace permet de se cacher parfois de manière efficace, mais aussi parce qu’il permet de brouiller les pistes. Ce n’est pas parce qu’un ordinateur localisé en Russie a servi à mener une cyberattaque que les Russes en sont forcément à l’origine. Notons à ce sujet que très peu de cyberattaques sont attribuées à des Américains. Ces derniers sont-ils tellement vertueux qu’ils n’hébergeraient aucun pirate sur leur sol, sont-ils plus efficaces que les autres, ou un voile pudique couvre-t-il leurs méfaits ?

La seconde est qu’il n’existe pas d’alliés dans le cyberespace, si ce n’est de circonstance. Ainsi, les Américains (encore eux), bien qu’alliés officiels de l’Allemagne n’en ont-ils pas moins écouté le téléphone de Mme Merkel. Enfin, si l’on en croit certaines versions, ce serait la NSA sans l’accord de B. Obama…

Ces deux raisons constituent d’indéniables atouts pour les attaquants qui peuvent se cacher et nier autant qu’ils veulent toute implication dans un cyber méfait, mais semblent limiter la possibilité des États de « délivrer des messages » forcément clairs et dissuasifs comme le fut l’opération Hamilton contre la Syrie.

Ceci étant posé, il faut distinguer deux cas de figure :

– la cybercriminalité qui implique un jugement reposant sur une expertise forensique et des probabilités (cf. ce précédent billet) voire une intime conviction, et pour laquelle l’attribution doit être publique ;

– les attaques interétatiques dont l’attribution peut ne pas être publique, selon l’opportunité estimée par le pays frappé.

Dans ces deux cas de figure cependant, et même si la dimension politique de l’attaque est un des critères de différenciation, le processus décisionnel est le même.

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Merlin le manager (5)

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Alors, quoi de neuf le 09/09 ? Autrement dit, après Gallet, Pépy, Zuckerberg et Matignon, qui va donc avoir les honneurs du Merlin du management ? Il ne faut pas chercher bien loin, c’est dans la lignée du dernier billet mettant Matignon à l’honneur.

Il s’agit d’un ministre (encore) qui a montré, à défaut de ses qualités managériales, son aptitude à changer de position avec agilité. Remarquez que nous restons dans le management moderne en parlant d’agilité…

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Notons qu’il est prometteur, car il n’a pas encore quarante ans. Cela augure donc d’une potentielle carrière de manager rehaussée encore peut-être de nombreux Merlin. Allez savoir…

Le suspense étant insoutenable, et au cas où vous ne l’auriez pas encore deviné, il s’agit d’un de nos Gégé nationaux, sûrement un de ceux que le monde nous envie.

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Merlin le manager (4)

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Et voici un nouveau billet de la catégorie Merlin le manager, qui s’approche, toutes proportions gardées, des Gérard du cinéma, quand bien même cette éminente distinction a été attribuée pour la dernière fois en 2012.

Qui sera aujourd’hui à l’honneur ? Le premier d’entre nous ! Jupiter ? Non, bien sûr ! Jupiter est au-delà de nous, dans un monde qui nous est à jamais inaccessible ! Non, le premier d’entre nous loge à Matignon (celui de Paris et non des Côtes D’Armor).

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Que se passe-t-il dans cet hôtel particulier au ton sûrement feutré, et ou tout ne doit être qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté ? Et bien, pas tant de volupté que cela, puisque nous apprenons que le premier d’entre nous a perdu six secrétaires en un an.

Que se dit-il donc sous les ors de la République ? « Tu ne reviens pas demain. Je n’ai rien à te reprocher mais je crois que tu n’es pas à la hauteur et que tu es trop stressée. »

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Merlin le manager (3)

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L’actualité ne mollit pas !

Voilà déjà le 3° manager qui a les honneurs de ce blog !

Vu les qualités requises pour être à l’honneur dans cette rubrique, il semble pertinent que certains révisent (apprennent) les leçons de base du management, avant même de se lancer dans le management avec le numérique, vu leurs lacunes.

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Le suspens n’est plus à son comble, il s’agit effectivement de Zuckerberg, patron de Facebook, fournisseur de Cambridge Analytica.

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Merlin le manager (2)

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Il y a quelques semaines, j’ai lancé une nouvelle rubrique du blog que j’ai intitulée Merlin le manager. Son objectif est de célébrer dignement des magiciens encensés par les arbitres des élégances avant de tomber et de prouver, à cette occasion, qu’ils sont aussi bons managers que je suis fils d’archevêque.

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L’actualité nous en offre un deuxième, jetons-nous avec gourmandise sur ce cas d’école.

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Merlin le manager (1)

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Après l’ouverture de la série « grandes découvertes » dont les premiers billets sont ici et , je ne peux résister au plaisir d’en lancer une nouvelle qui s’appelle « Merlin le manager ». De quoi s’agit-il ?

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De célébrer dignement des magiciens encensés par les arbitres des élégances avant de tomber et de prouver, à cette occasion, qu’ils sont aussi bons managers que je suis fils d’archevêque. Bref, ce sont de bons prestidigitateurs, mais leur spectacle laisse un goût amer dans la bouche.

Si l’on pousse davantage l’analyse, nous nous rendons compte qu’ils pratiquent tout ou partie du management 0.0 dont les composantes sont :

  1. prédation ;
  2. complexification ;
  3. déresponsabilisation.

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De l’informatique au numérique (1/2)

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Noël approchant, je vous offre un article bonus, à savoir qu’il se dégustera en deux parties. Quel plaisir, n’est-ce pas ?

Nous vivons une révolution numérique, le numérique transforme le monde, il faut numériser nos institutions et façons de faire. Ce discours est tellement entendu qu’il en est devenu convenu. S’il n’est pas infondé, son inconvénient est qu’il s’apparente davantage à des propos à la hussarde, voire à un mantra, qu’à un discours raisonné et pensé. Preuve en est que les tenants de ces discours sont souvent bien en peine de définir précisément le terme numérique et d’exposer les différences entre informatique, cybernétique et numérique.

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Notons aussi, juste pour nous détendre avant d’entrer dans le vif du sujet, que le terme numérique est souvent remplacé par digital, reprenant ainsi les aberrations du langage informatique dans lequel quelques mots d’anglais étaient jetés, de-ci de-là, afin de montrer la supposée maîtrise de la nouvelle lingua franca par son locuteur. À l’époque déjà, le carrosse redevenait citrouille lorsqu’un profane demandait de traduire en français ces termes de lui inconnus… La persistance dans cette attitude génère alors une amusante confusion si l’on est vient à parler des empreintes laissées par l’internaute sur la toile au cours de sa navigation : sommes-nous face à de nouvelles empreintes digitales ?

Revenons à notre propos. L’objectif de ce billet est de voir en quoi les notions d’informatique, cybernétique et numérique diffèrent, car il est indispensable de définir correctement les termes que l’on emploie, surtout lorsque les notions manipulées sont abstraites, afin d’éviter l’incompréhension ou pire, la confusion.

Cela étant posé, nous serons mieux à même de comprendre quelques avanies vécues par les organisations, qu’elles soient publiques ou privées.

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